Guide complet des droits de succession en France (2026)
Les droits de succession en France peuvent être complexes et coûteux. Entre les abattements, les barèmes progressifs et les stratégies d'optimisation, il est souvent difficile de comprendre combien vos héritiers devront réellement payer.
Ce guide vous explique simplement :
- ✓Les règles essentielles et les étapes de calcul
- ✓Le barème officiel 2026 et les abattements par lien de parenté
- ✓Les stratégies légales pour réduire l'impôt successoral
Votre situation est unique
Estimez précisément les droits selon votre famille et votre patrimoine réel.
Comment fonctionnent les droits de succession ?
Le calcul se déroule en trois étapes successives.
Étape 1 — Calcul de l'actif net successoral
On additionne l'ensemble du patrimoine du défunt :
- •Biens immobiliers (résidence principale, investissement locatif…)
- •Comptes bancaires, livrets, PEL
- •Portefeuilles de valeurs mobilières, PEA
- •Contrats d'assurance vie (primes versées après 70 ans)
- •Autres actifs (véhicules, objets de valeur…)
On déduit ensuite les dettes (emprunt immobilier, crédits en cours) et les frais funéraires (forfait de 1 500 €). En régime de communauté légale, seule la moitié des biens communs entre dans la succession — l'autre moitié appartient déjà au conjoint survivant.
Étape 2 — Application des abattements
Chaque héritier bénéficie d'un abattement déduit avant tout calcul de droits :
| Lien de parenté | Abattement |
|---|---|
| Enfant (par parent) | 100 000 € |
| Conjoint marié / pacsé avec testament | Exonéré totalement |
| Frère ou sœur | 15 932 € |
| Neveu ou nièce | 7 967 € |
| Personne handicapée (cumulable) | + 159 325 € |
| Autre (tiers, concubin…) | 1 594 € |
Étape 3 — Application du barème progressif
En ligne directe (parents → enfants, grands-parents → petits-enfants), le barème est le suivant :
| Tranche (part nette taxable) | Taux |
|---|---|
| Jusqu'à 8 072 € | 5 % |
| De 8 072 € à 12 109 € | 10 % |
| De 12 109 € à 15 932 € | 15 % |
| De 15 932 € à 552 324 € | 20 % |
| De 552 324 € à 902 838 € | 30 % |
| De 902 838 € à 1 805 677 € | 40 % |
| Au-delà de 1 805 677 € | 45 % |
Exemple concret de calcul
Un parent décède et transmet 300 000 € à un enfant unique (sans conjoint survivant) :
Calcul : 5% × 8 072 + 10% × 4 037 + 15% × 3 823 + 20% × 184 068 = 38 194 €
Comment réduire les droits de succession ?
Anticiper avec des donations de son vivant
Chaque parent peut transmettre jusqu'à 100 000 € par enfantsans aucun droit, et cet abattement se renouvelle tous les 15 ans. Un couple avec deux enfants peut donc transmettre jusqu'à 400 000 € sans droits sur 15 ans. Les donations doivent être déclarées chez un notaire (donation notariée) ou aux impôts (don manuel déclaré).
L'assurance vie : jusqu'à 152 500 € exonérés par bénéficiaire
Les sommes versées en primes avant 70 anssur un contrat d'assurance vie avec bénéficiaire désigné sont transmises hors successionet bénéficient d'un abattement de 152 500 € par bénéficiaire. Au-delà, le prélèvement est de 20% jusqu'à 700 000 € puis 31,25%. C'est l'un des outils les plus puissants pour transmettre son épargne.
Le démembrement de propriété
En transmettant la nue-propriétéde ses biens immobiliers à ses enfants tout en conservant l'usufruit(droit d'habiter et de percevoir les loyers), seule une fraction de la valeur est taxée — calculée selon un barème lié à l'âge. À 60 ans, la nue-propriété représente 50% de la valeur ; à 70 ans, 60%. Au décès, les enfants récupèrent la pleine propriété sans droits supplémentaires.
La donation-partage
La donation-partage permet de transmettre et répartir son patrimoine entre ses héritiers de son vivant, en fixant les valeurs à la date de la donation. Elle évite les conflits successoraux ultérieurs et peut s'accompagner d'une clause de réserve d'usufruit. Elle est obligatoirement réalisée devant notaire.
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Questions fréquentes
Qu'est-ce que les droits de succession ?›
Les droits de succession sont un impôt payé par les héritiers sur le patrimoine transmis après un décès. Ils sont calculés après déduction des abattements propres à chaque lien de parenté, puis selon un barème progressif.
Quel est l'abattement pour un enfant en 2026 ?›
Chaque enfant bénéficie d'un abattement de 100 000 € sur la part reçue de chacun de ses parents. Cet abattement est renouvelable tous les 15 ans, ce qui permet d'anticiper la transmission par donations successives sans droits.
Le conjoint survivant paie-t-il des droits de succession ?›
Non. Le conjoint marié est totalement exonéré de droits de succession depuis la loi TEPA de 2007. Le partenaire pacsé est également exonéré, à condition qu'un testament ait été rédigé en sa faveur.
Peut-on réduire ou éviter les droits de succession ?›
On ne peut pas les éviter totalement, mais plusieurs stratégies légales permettent de les réduire significativement : les donations de son vivant (abattement de 100 000 € par enfant tous les 15 ans), l'assurance vie (jusqu'à 152 500 € exonérés par bénéficiaire avant 70 ans), et le démembrement de propriété (seule la nue-propriété est taxée, à une valeur réduite selon l'âge).
Comment est calculée la base successorale en cas de couple marié ?›
En régime de communauté légale (le plus courant), seule la moitié des biens communs entre dans la succession du défunt. L'autre moitié appartient déjà au conjoint survivant. S'ajoutent les biens propres du défunt. L'assurance vie avec bénéficiaire désigné (primes avant 70 ans) est hors succession.
Qu'est-ce que la double succession et pourquoi est-ce un risque ?›
Pour un couple avec enfants, il y a deux successions : au premier décès (le conjoint est exonéré), puis au second décès, les enfants héritent du patrimoine cumulé des deux parents avec seulement 100 000 € d'abattement chacun. Sans préparation, cette double succession peut générer des droits très élevés.